Recette de la sauce matelote : un incontournable pour vos poissons

Recette de la sauce matelote : un incontournable pour vos poissons

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Rédigé par Émilie

20 novembre 2025

Plongez au cœur de la tradition culinaire française avec une recette qui sent bon les bords de Marne et les guinguettes d’antan : la sauce matelote. Loin d’être une simple sauce au vin rouge, la matelote est un véritable poème gustatif, une préparation riche et profonde qui a traversé les siècles pour sublimer les poissons d’eau douce. Son nom, évocateur, nous ramène aux « matelots » des rivières, ces mariniers qui préparaient leur pêche du jour avec les trésors de leur terroir : un vin rouge charpenté, quelques oignons, des champignons et un bouquet d’herbes aromatiques. C’est une sauce de caractère, à la fois rustique et d’une grande élégance, qui transformera un simple filet de sandre ou une darne de brochet en un plat de fête. Oubliez les sauces toutes prêtes et les raccourcis. Aujourd’hui, nous allons prendre le temps, ensemble, de construire pas à pas cette merveille de la gastronomie française. Enfilez votre tablier, car vous êtes sur le point de maîtriser un monument de notre patrimoine culinaire.

25 minutes

50 minutes

moyen

€€

Ingrédients

personnes +

Ustensiles

Préparation

Étape 1

Commencez par préparer ce que l’on appelle la garniture matelote. Dans une poêle, faites revenir les lardons sans matière grasse jusqu’à ce qu’ils soient bien dorés et croustillants. Retirez-les à l’aide d’une écumoire et réservez-les sur du papier absorbant. Dans la même poêle, faites dorer les champignons de Paris émincés dans un peu de graisse des lardons. Une fois cuits, réservez-les avec les lardons. Enfin, égouttez les petits oignons grelots et faites-les revenir quelques instants dans la poêle. Réservez l’ensemble de la garniture, elle sera ajoutée à la toute fin pour garder sa texture.

Étape 2

Pelez et ciselez finement les oignons jaunes et les échalotes. Pelez et dégermez les gousses d’ail avant de les hacher. Dans une cocotte, faites fondre 40 grammes de beurre à feu moyen. Ajoutez le hachis d’oignons, d’échalotes et d’ail et faites-le suer doucement pendant une dizaine de minutes. Le mélange doit devenir translucide et fondant, sans prendre de coloration. C’est cette cuisson douce qui va donner toute sa douceur à la base de la sauce.

Étape 3

Saupoudrez la farine sur les oignons fondus pour réaliser ce que l’on appelle un roux brun. Le roux, c’est ce mélange de farine et de matière grasse qui sert de liant pour épaissir une sauce. Mélangez bien avec une cuillère en bois et laissez cuire environ deux minutes en remuant constamment. La farine doit légèrement torréfier et prendre une odeur de biscuit, c’est ce qui donnera une belle couleur et un goût profond à la sauce.

Étape 4

Augmentez légèrement le feu. Versez le cognac et, avec beaucoup de précaution, faites-le flamber en inclinant la cocotte vers la flamme (si vous cuisinez au gaz) ou en utilisant une longue allumette. Attention, ne vous penchez jamais au-dessus de la cocotte pendant cette opération. Laissez les flammes s’éteindre d’elles-mêmes. Cette étape permet de brûler l’alcool brut tout en conservant les arômes subtils de l’eau-de-vie.

Étape 5

Une fois le cognac évaporé, versez le vin rouge en une seule fois. Avec votre cuillère en bois, grattez bien le fond de la cocotte pour décoller les sucs de cuisson, ces petites particules caramélisées pleines de saveur qui se sont formées au fond du récipient. Portez le tout à frémissement et laissez réduire le vin de moitié à feu moyen. Cette réduction est cruciale, elle concentre les arômes du vin.

Étape 6

Versez ensuite le fumet de poisson, ajoutez le bouquet garni, la pincée de sucre (qui va corriger l’acidité du vin), salez modérément et poivrez généreusement. Baissez le feu au minimum, couvrez et laissez mijoter tout doucement pendant au moins 30 minutes. La sauce doit à peine frissonner. Plus la cuisson sera douce et longue, plus les saveurs auront le temps de fusionner et de s’harmoniser.

Étape 7

Après la cuisson, retirez le bouquet garni. Passez la sauce au chinois étamine en pressant bien sur les légumes avec le dos d’une louche pour en extraire tout le jus et les arômes. Cette étape est essentielle pour obtenir une sauce parfaitement lisse et veloutée. Remettez la sauce filtrée dans la cocotte.

Étape 8

Goûtez la sauce et rectifiez l’assaisonnement en sel et en poivre si nécessaire. Juste avant de servir, réchauffez la sauce à feu doux et incorporez la garniture matelote (lardons, champignons, oignons grelots) que vous aviez réservée. Laissez-la chauffer quelques instants dans la sauce. Votre sauce matelote est prête à napper généreusement vos plus beaux poissons.

Émilie

Mon astuce de chef

Si, après l’avoir passée au chinois, vous trouvez votre sauce encore un peu trop liquide, ne la faites pas réduire davantage au risque de la rendre trop salée. Préparez plutôt un beurre manié. C’est très simple : malaxez à la fourchette une petite noix de beurre mou (environ 10 grammes) avec la même quantité de farine jusqu’à obtenir une pâte homogène. Incorporez ce beurre manié par petits morceaux dans la sauce frémissante en fouettant vivement. La sauce va épaissir presque instantanément et gagner en onctuosité.

Accords mets et vins

L’élégance commande de servir le même vin que celui qui a servi à l’élaboration de la sauce. Un accord ton sur ton est ici la clé de la réussite. Optez pour un vin rouge de la même région que votre choix initial, mais peut-être d’une qualité légèrement supérieure pour la dégustation. Un Chinon ou un Bourgueil de la vallée de la Loire, avec leurs tanins souples et leurs notes de fruits rouges, seront parfaits. Un Pinot Noir de Bourgogne, comme un Irancy ou un Givry, apportera également sa finesse et sa complexité aromatique pour dialoguer avec la richesse de la sauce. Servez-le légèrement rafraîchi, autour de 14-16°C, pour ne pas masquer la délicatesse du poisson.

En savoir plus sur la sauce matelote

La matelote n’est pas une recette figée, mais plutôt une famille de recettes dont l’origine remonte au moins au 17ème siècle. Elle est intimement liée à la vie des bateliers qui naviguaient sur les fleuves et rivières de France. Chaque région avait sa propre version, utilisant le vin local (rouge en Bourgogne, blanc en Alsace ou dans la Loire) et les poissons pêchés sur place : l’anguille sur la Loire, le brochet ou le sandre sur la Seine… La garniture de lardons, champignons et petits oignons est, elle, une constante qui rappelle une autre grande recette au vin rouge : le bœuf bourguignon. La matelote est donc un plat de partage, un plat de terroir qui raconte une histoire, celle d’une France rurale et gourmande, où l’on savait prendre le temps de cuisiner avec les produits du quotidien pour en faire des mets d’exception.

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Émilie

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