Chou au lard et saucisses : recette savoureuse

Chou au lard et saucisses : recette savoureuse

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Rédigé par Émilie

15 novembre 2025

Il est des plats qui transcendent le simple acte de se nourrir pour devenir une véritable madeleine de Proust, un refuge contre la grisaille automnale ou la rigueur de l’hiver. Le chou au lard et saucisses est de cette trempe. Loin des artifices de la haute gastronomie, ce mets rustique et généreux nous ancre dans le terroir, dans une tradition culinaire française qui célèbre les produits simples et les cuissons longues, celles qui embaument la cuisine d’une promesse de réconfort. C’est un plat qui raconte une histoire, celle des tablées familiales, des rires qui fusent autour d’une cocotte fumante posée au centre de la table. On imagine sans peine le crépitement du feu dans la cheminée, le vent qui souffle au-dehors, et cette chaleur bienfaisante qui monte des assiettes creuses.

Préparer un chou au lard et saucisses, c’est prendre le temps. Le temps de laisser les saveurs se mêler, s’arrondir, s’intensifier jusqu’à atteindre un équilibre parfait entre le végétal doucement confit du chou, le fumé puissant des lardons et le caractère affirmé des saucisses. Ce n’est pas une recette que l’on bouscule ; elle demande de la patience, mais sa récompense est immense. Chaque bouchée est une célébration de l’authenticité, un retour aux sources du goût. Nous vous proposons aujourd’hui de redécouvrir ce classique, en vous guidant pas à pas pour que sa réalisation soit un pur moment de plaisir, de l’épluchure des premiers légumes jusqu’à la dernière lichette de sauce que l’on ne manquera pas de saucer avec un bon pain de campagne. Enfilez votre tablier, et laissez la magie opérer.

20 minutes

60 minutes

facile

Ingrédients

personnes +

Ustensiles

Préparation

Étape 1

Commencez par la préparation de vos ingrédients. Ouvrez les conserves de chou, de pommes de terre et de carottes, puis versez leur contenu dans une passoire pour bien les égoutter. Pendant ce temps, préparez votre bouillon en diluant le cube ou la poudre dans 50 centilitres d’eau chaude. Mettez de côté.

Étape 2

Placez votre cocotte sur feu moyen. Faites chauffer le saindoux ou l’huile, puis ajoutez les lardons. Laissez-les dorer et devenir croustillants en remuant de temps en temps. Leur graisse va fondre et servira de matière grasse pour la suite. Une fois qu’ils sont à votre goût, retirez-les de la cocotte à l’aide d’une écumoire et réservez-les.

Étape 3

Dans la graisse chaude des lardons, déposez délicatement les saucisses fumées. Faites-les colorer sur toutes leurs faces pendant quelques minutes. Cette étape, appelée le rissolage, permet de développer les arômes. Ne les cuisez pas entièrement, il s’agit juste de leur donner une belle couleur dorée. Retirez-les et réservez-les avec les lardons.

Étape 4

Baissez légèrement le feu. Dans la même graisse, versez les flocons d’oignon déshydraté et l’ail en poudre. Remuez vivement avec une cuillère en bois pendant une trentaine de secondes. Attention, les épices séchées peuvent brûler rapidement, il faut juste les réveiller par la chaleur.

Étape 5

Augmentez le feu et versez le vin blanc d’un seul coup. C’est l’étape du déglaçage. Déglacer signifie verser un liquide, généralement alcoolisé, dans un récipient de cuisson chaud pour dissoudre les sucs caramélisés au fond. Grattez énergiquement le fond de la cocotte avec votre cuillère en bois pour décoller toutes ces petites particules pleines de goût. Laissez l’alcool s’évaporer pendant une à deux minutes.

Étape 6

Il est temps d’assembler votre plat. Étalez la moitié du chou égoutté au fond de la cocotte. Disposez par-dessus les carottes, les pommes de terre et les lardons dorés. Placez ensuite les saucisses, les baies de genièvre et les feuilles de laurier. Recouvrez le tout avec le reste du chou.

Étape 7

Versez délicatement le bouillon chaud sur l’ensemble. Salez avec parcimonie, car les lardons et les saucisses apportent déjà beaucoup de sel. Donnez quelques tours de moulin à poivre. Portez le liquide à un léger frémissement.

Étape 8

Dès que le bouillon frémit, baissez le feu au minimum, couvrez la cocotte et laissez le tout mijoter doucement pendant environ une heure. Cette cuisson lente et douce est le secret pour que toutes les saveurs fusionnent harmonieusement. Le chou deviendra incroyablement fondant.

Étape 9

Après une heure de cuisson, goûtez le jus et rectifiez l’assaisonnement en sel et en poivre si nécessaire. Votre plat est prêt à être servi bien chaud. Pensez à retirer les feuilles de laurier avant de porter la cocotte à table.

Émilie

Mon astuce de chef

Pour apporter une touche d’originalité et une saveur plus complexe, ajoutez une cuillère à café de graines de carvi ou de cumin en même temps que les baies de genièvre. Ces épices sont les meilleures amies du chou. Si vous trouvez le jus de cuisson un peu trop liquide à votre goût en fin de cuisson, vous pouvez l’épaissir très facilement. Délayez une cuillère à café de fécule de maïs dans une cuillère à soupe d’eau froide, versez ce mélange dans la cocotte en remuant, et laissez cuire une minute de plus. Le jus deviendra plus nappant et gourmand.

Accords mets et vins : le choix de la raison et du cœur

Face à un plat aussi généreux et savoureux, le choix de la boisson est crucial pour sublimer l’expérience. Le gras du lard et des saucisses appelle un vin avec une belle acidité pour rafraîchir le palais.

Pour les amateurs de vin blanc, l’accord régional est souvent une valeur sûre. Orientez-vous vers l’Alsace avec un Sylvaner sec et léger, ou un Riesling dont la vivacité et les notes minérales trancheront admirablement avec la richesse du plat. Un vin blanc sec de Savoie, comme une Apremont, fonctionnera également très bien.

Si vous préférez le vin rouge, optez pour un vin léger et fruité, sans tanins trop marqués qui pourraient durcir le plat. Un Gamay du Beaujolais ou un Pinot Noir d’Alsace ou de Bourgogne seront parfaits.

Enfin, n’oublions pas la bière ! Une bière blonde de type Pils ou une bière ambrée artisanale, avec leurs fines bulles et leur légère amertume, offriront un contrepoint des plus agréables à ce plat rustique.

Le chou au lard et saucisses est bien plus qu’une simple recette ; c’est un pilier de la cuisine paysanne européenne. On en trouve des variantes dans de nombreuses régions de France, où il prend le nom de potée (auvergnate, lorraine, franc-comtoise…), mais aussi en Allemagne avec le fameux ‘Eintopf’ ou en Pologne avec le ‘Bigos’. Son origine remonte à une époque où il fallait créer des plats nourrissants, économiques et capables de tenir au corps durant les longs mois d’hiver. Le principe était simple : réunir dans une même marmite les légumes du potager (chou, pommes de terre, carottes) et les salaisons (lard, saucisses) que l’on conservait pour la saison froide. C’est un plat emblématique de la cuisine de subsistance, transformé aujourd’hui en un monument de convivialité et de gourmandise. Chaque famille avait sa propre version, transmise de génération en génération, ce qui en fait un véritable patrimoine culinaire vivant.

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Émilie

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